
Vous venez de signer un bail et votre locataire vous demande un document pour toucher ses aides au logement. Ce document, c’est l’attestation de loyer CAF. Sans elle, la Caisse d’allocations familiales ne peut pas calculer ni verser l’APL, l’ALS ou l’ALF. Le formulaire existe en version papier (Cerfa 10840*07) et en version dématérialisée sur le site de la CAF. Voyons comment le remplir correctement et éviter les allers-retours avec l’administration.
Identifiant fiscal du logement : le champ que beaucoup oublient
Depuis le 1er janvier 2024, tout nouveau bail d’habitation doit mentionner un identifiant fiscal du logement à 12 chiffres. Ce numéro provient de la base foncière de la DGFiP et figure sur l’avis de taxe foncière du propriétaire.
Quel rapport avec l’attestation de loyer ? Des guides bailleurs récents recommandent d’intégrer cet identifiant directement dans le formulaire transmis à la CAF. L’objectif : accélérer le traitement du dossier et réduire les demandes de pièces complémentaires.
En pratique, si vous êtes bailleur, repérez ce numéro sur votre dernier avis d’imposition foncière avant de remplir quoi que ce soit. Si vous êtes locataire, demandez-le à votre propriétaire en même temps que l’attestation. Cela vous évitera un second échange quelques semaines plus tard, quand la CAF réclamera l’information manquante.
Pour mieux comprendre la procédure complète et obtenir une attestation de loyer CAF sans perdre de temps, il faut d’abord savoir qui remplit quoi.
Attestation de loyer CAF : qui remplit le formulaire et comment
Le locataire ne remplit pas l’attestation de loyer. C’est le bailleur (ou son mandataire) qui doit la compléter, puis la transmettre au locataire ou directement à la CAF. Cette répartition des rôles crée souvent de la confusion, surtout quand un gestionnaire locatif intervient.

Les informations à renseigner
Le formulaire demande des données précises. Voici les blocs principaux :
- Les coordonnées complètes du bailleur (nom, adresse, qualité de personne physique ou morale) et celles du ou des locataires figurant sur le bail.
- Les caractéristiques du logement : adresse, type (meublé ou vide), surface habitable, et si le logement est conventionné ou non. Cette dernière mention conditionne le type d’aide versée.
- Le montant du loyer hors charges, le montant des charges, la date d’effet du bail et la date d’entrée dans les lieux. Si ces dates diffèrent, les deux doivent apparaître.
Une erreur fréquente : indiquer le loyer charges comprises au lieu du loyer nu. La CAF sépare systématiquement ces deux montants pour son calcul. Un loyer mal ventilé retarde le versement de l’aide.
Logement conventionné : pourquoi c’est déterminant
Vous avez peut-être remarqué la case « logement conventionné » sur le formulaire. Elle ne concerne pas tous les bailleurs, mais elle change le montant de l’aide. Un logement conventionné ouvre droit à l’APL. Un logement non conventionné oriente vers l’ALS ou l’ALF selon la situation familiale du locataire.
Si vous ne savez pas si votre bien est conventionné, vérifiez auprès de votre CAF départementale ou consultez votre convention signée avec l’État. Cocher la mauvaise case peut entraîner un recalcul plusieurs mois après, avec des régularisations désagréables pour le locataire.
Espace bailleur en ligne : la télédéclaration qui remplace le Cerfa papier
La CAF met à disposition un espace bailleur en ligne qui permet de remplir l’attestation de loyer de façon dématérialisée. Ce service évite le formulaire papier et ses aléas postaux.
Depuis cet espace, le propriétaire ou son mandataire peut déclarer le montant du loyer, signaler un départ de locataire, un impayé, une fin de gestion ou une modification du nombre de colocataires. Toutes ces opérations se font sans courrier.
Un point souvent ignoré : la télédéclaration annuelle du loyer de juillet est généralisée. Chaque année, la CAF demande aux bailleurs de confirmer ou mettre à jour le montant du loyer au 1er juillet. Cette déclaration conditionne le maintien du versement des aides pour l’année suivante. Un bailleur qui ne la fait pas risque de bloquer le dossier de son locataire.

Pour accéder à cet espace, rendez-vous sur le site caf.fr, rubrique « Professionnels », puis « Espace bailleur ». La création du compte nécessite un numéro allocataire bailleur, attribué lors de la première déclaration de location à la CAF.
Attestation de loyer refusée ou incomplète : les blocages concrets
Le cas le plus courant : le bailleur refuse de remplir l’attestation. Légalement, aucune obligation légale ne contraint le bailleur à fournir ce document. La quittance de loyer, elle, est obligatoire dès que le locataire en fait la demande (article 21 de la loi du 6 juillet 1989).
En cas de refus persistant, le locataire peut contacter sa CAF pour signaler la situation. La CAF dispose de moyens pour relancer le bailleur, notamment via un courrier rappelant que le versement direct de l’aide au propriétaire est conditionné à la bonne transmission de l’attestation.
Autre blocage fréquent : une attestation remplie de manière incomplète. Il manque souvent la signature du bailleur, la date d’effet du bail, ou la ventilation loyer/charges. Chaque champ vide génère un rejet ou une demande de complément qui rallonge le traitement de plusieurs semaines.
Quittance de loyer et attestation de loyer : deux documents distincts
La quittance prouve que le loyer a été payé pour un mois donné. L’attestation de loyer décrit les conditions du bail pour permettre le calcul de l’aide. La CAF n’accepte pas une quittance à la place d’une attestation. Si votre propriétaire vous envoie une quittance en pensant que cela suffit, transmettez-lui le formulaire Cerfa ou orientez-le vers l’espace bailleur en ligne.
La distinction peut sembler administrative, mais elle conditionne le déclenchement du versement. Sans attestation de loyer valide, aucune aide au logement n’est calculée.
Le moyen le plus fiable de simplifier la démarche reste la télédéclaration via l’espace bailleur CAF. Le formulaire papier fonctionne encore, mais chaque envoi postal ajoute un délai. Un bailleur qui prend dix minutes sur son espace en ligne fait gagner plusieurs semaines à son locataire, et s’assure que le versement direct de l’aide (quand il est en place) ne sera pas interrompu.